Comprendre les addictions

 

Le terme addiction désigne une relation de dépendance à une substance ou à un comportement, malgré les conséquences négatives que cela peut entraîner dans la vie quotidienne.

 

On pense souvent aux addictions liées aux substances comme l’alcool, le tabac ou les drogues. Mais certaines addictions peuvent également concerner des comportements, comme le jeu, les écrans ou l’alimentation.

 

Les troubles du comportement alimentaire (TCA), comme les crises d’hyperphagie ou de boulimie, peuvent par exemple fonctionner selon des mécanismes proches de ceux que l’on retrouve dans les addictions : la personne ressent un besoin difficile à contrôler et peut éprouver un soulagement temporaire après le comportement.

 

Une compréhension bio-psycho-sociale

 

Aujourd’hui, les recherches montrent que les addictions ne peuvent pas s’expliquer par une seule cause. Elles résultent généralement de plusieurs facteurs qui interagissent entre eux.

 

On parle souvent d’un modèle bio-psycho-social.

 

Les facteurs biologiques peuvent inclure une vulnérabilité génétique ou le fonctionnement du système de récompense du cerveau, qui renforce certains comportements.

 

Les facteurs psychologiques peuvent être liés à l’histoire personnelle, à certaines difficultés émotionnelles, au stress, à l’anxiété ou à des expériences de vie difficiles.

 

Les facteurs sociaux concernent l’environnement dans lequel la personne évolue : pression sociale, isolement, conditions de travail, habitudes familiales ou culturelles.

 

Ces différents éléments peuvent se combiner et favoriser l’installation d’une dépendance.

 

Le rôle du bénéfice

 

Un point important pour comprendre les addictions est de reconnaître que le comportement apporte souvent un bénéfice à la personne, au moins dans un premier temps.

 

Par exemple, consommer une substance ou adopter un comportement peut permettre de :

  • réduire temporairement l’anxiété
  • calmer une émotion difficile
  • se sentir moins seul
  • oublier certaines préoccupations
  • ressentir du plaisir ou un apaisement momentané.

 

Ce bénéfice explique en partie pourquoi il peut être difficile d’arrêter, même lorsque la personne sait que le comportement lui est nuisible.

 

La question de la motivation

 

Contrairement à certaines idées reçues, les personnes confrontées à une addiction ne manquent pas forcément de volonté.

 

La motivation peut varier et évoluer dans le temps. Une personne peut vouloir changer tout en ressentant en même temps une difficulté à renoncer à ce que le comportement lui apporte.

 

Ce tiraillement est fréquent et fait souvent partie du processus de changement.

 

Se faire accompagner

 

Les addictions peuvent générer beaucoup de souffrance, de honte ou de culpabilité. Pourtant, il est possible d’en parler et de se faire accompagner.

 

Un travail thérapeutique peut permettre de :

  • comprendre les mécanismes qui maintiennent l’addiction
  • identifier ce que le comportement apporte à la personne
  • trouver d’autres moyens de gérer les émotions ou les situations difficiles
  • avancer progressivement vers un changement.

 

Chaque situation est différente, et le travail se fait toujours au rythme de la personne.

 

 

Parfois, le premier pas consiste simplement à pouvoir mettre des mots sur ce qui se passe et ne plus rester seul face à ces difficultés.